Avec la feuille paroissiale de mars, vous avez pu lire un communiqué du Père de Kerimel, notre évêque, qui annonce les décisions qu’il a prises avec « plusieurs de ses conseils, les curés, les recteurs, les équipes paroissiales » au sujet des paroisses du centre-ville de Grenoble, en particulier la décision de ne pas reconstruire St-Jacques détruite par un incendie et de vendre deux églises. Ce sont des décisions importantes qu’on ne peut comprendre qu’à travers un regard plus large.

Depuis des années, notre Évêque nous dit et redit que

« notre immobilier doit correspondre à la refondation de nos communautés chrétiennes, et nous aider à regarder résolument vers l’avenir » – « Je demande donc à chaque paroisse d’établir un état de son immobilier, et de réfléchir, en lien avec le vicaire général ou l’évêque et avec les services diocésains, à une politique immobilière cohérente et adaptée aux besoins de la paroisse »

– Lettre pastorale « Que devons-nous faire ? » p13

« Ce travail doit être effectué de manière réaliste, avec un esprit de détachement, dans une perspective durable. »

Ce dont il s’agit, c’est d’adapter notre Église Diocésaine aux réalités d’aujourd’hui, réalités financières et pastorales et le chantier est immense.

En lisant ce document qui contient le compte rendu d’une rencontre d’équipe paroissiale avec le CPAE (Conseil Paroissial pour les Affaires Économiques) le 20 janvier 2021, vous pourrez constater que cela concerne aussi notre paroisse.
Le 3 décembre 2020 l’Évêque convoquait la totalité des paroisses du diocèse à des Assises de l’immobilier : « Quels lieux pour quelles communautés missionnaires ? » La crise Covid actuelle que nous traversons n’a fait qu’amplifier ce que notre évêque nous dit depuis plusieurs années :
Il demande à chaque paroisse, une évaluation très précise de ses biens immobiliers. Car compte tenu de difficultés financières liées à la diminution des ressources et à l’augmentation des charges, il est devenu urgent d’adapter l’outil immobilier aux besoins de chaque paroisse.
Ce travail doit être terminé pour fin mars début avril. À travers des critères objectifs fournis par le diocèse, l’économe paroissial et le CPAE vont faire l’analyse de l’état et de l’utilisation du patrimoine immobilier des paroisses et de notre paroisse, afin d’examiner son adéquation à nos ressources et aux besoins pastoraux actuels et futurs de Notre Dame de Vouise.

L’économe paroissial et son équipe avec l’aide des membres du Conseil Paroissial pour les Affaires Économiques va réaliser un inventaire détaillé des biens immobiliers de Notre Dame de Vouise, faisant apparaître la nature, les charges et le coût éventuel des travaux nécessaires dans les dix années à venir pour chaque lot immobilier.
Il faudra donc :

  • Estimer la valeur du bien en fonction du prix moyen au m² sur le secteur et de l’état d’usage
  • Distinguer et valoriser les charges, sur la base annuelle de l’exercice 2019 (ou à défaut 2018), notamment : loyer, chauffage, électricité, nettoyage, assurances, impôts et taxes, petit entretien
  • Indiquer les travaux réalisés au cours des dix dernières années et ceux à prévoir pour les dix prochaines années en distinguant les travaux d’aménagement des travaux de mise en conformité réglementaire
  • Préciser la nature du bien et son emploi, par exemple : Église, Chapelle, jardin, cure, logement loué ou inoccupé, salle de réunion
  • Indiquer la capacité d’accueil (nombre places assises) en conformité avec le plan de sécurité
  • Préciser l’accessibilité du bien à pied, en transport en commun, en voiture avec des facilités de stationnement
  • Pour les Églises indiquer les distances des deux églises les plus proches
  • Donner éventuellement des indications de patrimoine (intérêt historique ou architectural…)
  • Évaluer le potentiel d’aménagements à finalité d’économie en énergie (Bilan coût-avantage notamment pour des panneaux solaires, géothermie, chaudière à granulé)

En paroisse : En s’appuyant sur le projet pastoral paroissial missionnaire, en prenant en compte avec réalisme les moyens disponibles (humains et financiers), chaque paroisse fait remonter ses propositions pour la gestion prospective de son patrimoine immobilier, la politique immobilière qu’elle envisage.

Notre rencontre d’équipe paroissiale et du CPAE avait pour objet de faire le point sur l’avancée de ce travail, de soutenir l’économe dans ce gros travail et d’exposer et expliciter la vision pastorale de la paroisse afin de préciser ce dont la paroisse avait besoin pour sa mission. Je vous rappelle les membres de ces équipes :

  • Membres de l’équipe paroissiale : Anne-Marie Bonaimée, Odile Gonon, Elsa Debieuvre, Nicolas Friedriech, Jean-Pierre Rottier, Père Jean Callies, Père Roch-Marie, Père Julien Toungadio
  • Membres du CPAE : Dominique Brachet, Claude Guitton, Francois Guillier
  • Économe Guy Brachet

Pour info : baisses des ressources paroissiales à la fin septembre 2020, comparé à 09/2019 : -35 % (soit 636 000 €)

  • 11 semaines de fermeture des églises entre mars et mai 2020, les outils numériques ne compensent que très légèrement le manque de recettes, des assemblées réduites depuis juin 2020, un reconfinement début novembre qui va accentuer cette perte, Même si certaines charges ont baissé, elles ne compensent pas et de loin cette perte.
  • Forte baisse à prévoir de la contribution de solidarité et donc des ressources de la curie : Estimation de la Contribution de solidarité à 650 000 € au budget 2021 contre 1 065 000 € en réel 2020 => forte aggravation du déficit diocésain pour 2021 (et 2020 pour les paroisses)

Les paroisses puisent dans leurs réserves (Caisse des paroisses) pour financer leurs besoins courants.

Dans ces assises, il est important de rappeler ce que le Pape François disait dans la Joie de l’Évangile :

« EG27 J’imagine un choix missionnaire capable de transformer toute chose, afin que les habitudes, les styles, les horaires, le langage et toute structure ecclésiale deviennent un canal adéquat pour l’évangélisation du monde actuel, plus que pour l’auto-préservation.
La réforme des structures, qui exige la conversion pastorale, ne peut se comprendre qu’en ce sens : faire en sorte qu’elles deviennent toutes plus missionnaires, que la pastorale ordinaire en toutes ses instances soit plus expansive et ouverte, qu’elle mette les agents pastoraux en constante attitude de “sortie” et favorise ainsi la réponse positive de tous ceux auxquels Jésus offre son amitié. »

Nous en sommes là. Dans quelques mois sur la base de ces analyses, il faudra prendre des décisions. Notre vicaire Général lors de la journée diocésaine de formation des équipes paroissiales et des prêtres, nous disait :

« Notre responsabilité est de vivre et de proposer l’Évangile aujourd’hui, ici et maintenant, là où nous sommes. Pour être fidèle à l’Évangile, il faut inventer la façon de le vivre et de le faire goûter aux autres. Donc, être statique dans un monde qui a bougé c’est être infidèle l’appel de Dieu. Seul le fondamental est intangible, le credo et quelques autres points fondamentaux. »
« La pandémie nous paralyse en ce moment, et vous vous dites peut-être : « on n’en est pas là ! »
Eh bien si, on en est là ! ».