Une Bonne Nouvelle pour tous

Depuis 2000 ans, nous sommes nombreux à nous mettre en marche vers la crèche pour adorer « le roi des Juifs qui vient de naître » (Mt 2,2), nous sentant attirés par cette Bonne Nouvelle. C’est Elle que nous voulons annoncer et mettre au cœur de notre vie paroissiale. Nombreux sont les lieux où Elle résonne déjà :

  • les rencontres Venez et Voyez permettent de redécouvrir les fondements de la foi et de créer des liens fraternels ;
  • l’aumônerie propose un véritable écosystème relationnel qui permet aux jeunes de vivre, de façon hebdomadaire, l’ordinaire de la vie chrétienne ;
  • les assemblées catéchuménales ;
  • les fraternités locales ;
  • les célébrations eucharistiques festives qui nous rassemblent et nous nourrissent telles que la messe de rentrée et le Triduum pascal ;
  • d’autres initiatives dont nous avons pu apprécier la saveur évangélique.

Et pourtant toujours et encore l’Evangile nous presse et nous pousse à la conversion personnelle, véritable moteur de la transformation communautaire. L’Evangile ne nous invite pas d’abord à changer de fonctionnement mais à devenir d’authentiques disciples du Christ. Nous sommes appelés à remettre nos idées, nos fonctionnements et nos postures intérieures entre les mains de ce Nouveau-Né qui nous tend les bras.                         Quel renversement !

Dans cet élan évangélisateur,

la paroisse, nous dit le Pape François, « n’est pas une structure caduque ; précisément parce qu’elle a une grande plasticité, elle peut prendre des formes très diverses qui demandent la docilité et la créativité missionnaire du pasteur et de la communauté. Même si, certainement, elle n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être « l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles » » (Evangelii Gaudium n°28).

Notre paroisse Notre Dame de Vouise n’échappe pas à ce besoin de transformation pour un renouvellement missionnaire. Plusieurs signes de fragilité nous le montrent : difficultés à renouveler certaines équipes, manque de dynamisme de certaines célébrations eucharistiques, état de santé des prêtres, vétusté de certains bâtiments…

Depuis cet automne, l’équipe paroissiale a pris le temps de l’écoute, du dialogue et de la prière avec les membres des équipes relais puis lors de rencontres élargies à tous ceux qui le souhaitaient. Nous avons été soutenu dans notre transformation pastorale par le diocèse qui a commencé cette démarche depuis quelques années. Notre paroisse Notre Dame de Vouise est composée de 23 clochers aux réalités variées. Cette vie paroissiale s’organise sur trois niveaux :

  • au niveau global, elle est organisée autour des services paroissiaux dont la maison Saint-Pierre constitue le centre principal des activités. Cette vie paroissiale globale s’exprime, par exemple, à travers l’expérience de la journée de rentrée, la Vigile pascale, des repas partagés fragilisés actuellement par la covid…
  • au niveau des pôles eucharistiques qui nous rassemblent le dimanche, non seulement autour de la messe mais aussi de l’élan fraternel qu’elle suscite.
  • au niveau du village ou du quartier, les pôles de proximité qui proposent des initiatives locales.

L’unité paroissiale suppose une juste articulation de ces trois niveaux. C’est bien au sein de l’ensemble de ces différents espaces que nous sommes appelés à construire une véritable vie ecclésiale. Cette édification ne peut reposer que sur l’amour fraternel. Ensemble, dans la puissance de notre baptême, nous sommes appelés à annoncer, célébrer et servir le frère à la manière du Christ.

Des changements à vivre au sein de chacun de ces niveaux

Un Conseil Pastoral Paroissial (CPP)

Pour soutenir ce sentiment d’appartenance paroissial, il serait bon, comme nous y invitait notre évêque lors de la promulgation de la Charte des paroisses en mai 2020, qu’un CPP voie le jour : « Il s’agit d’une instance de consultation et de concertation, recommandée par l’Église (c. 536). Il est composé de chrétiens représentatifs de la communauté et de la population locale. Réuni au moins deux fois par an et présidé par le curé avec l’équipe paroissiale, ce conseil propose des orientations pastorales et des initiatives d’évangélisation ; il applique concrètement le principe de synodalité. » Nous sommes appelés à développer « une écoute et un discernement commun pour connaître la volonté de Dieu et la mettre en pratique » (Lettre pastorale Que devons-nous faire ?, fev.2019, p.10). Sous la conduite de l’Esprit Saint, le Pape François appelle les chrétiens du monde entier à cette même écoute dans le cadre du synode sur la synodalité. De cet appel à « cheminer ensemble », fécondité et vie jailliront et nous permettrons de nous ajuster au projet de Dieu.

Des pôles eucharistiques rayonnants

Une nouvelle organisation des célébrations eucharistiques dominicales est en train de voir le jour, centrées sur des pôles eucharistiques rayonnants. Il s’agit de lieux repères, facilement identifiables par tous où les fidèles réguliers ou de passage participent à des célébrations vivantes et de qualité. Dans cette transformation, les équipes liturgiques sont appelées à travailler en étroite collaboration.

De manière pérenne, quatre célébrations eucharistiques dominicales seront vécues : deux le samedi soir à 18h30, l’une à Saint-Pierre à Voiron et l’autre à St Nicolas-de-Macherin ; deux le dimanche matin à 10h30, l’une à Saint-Bruno à Voiron, l’autre par intermittence, en période scolaire sur les 5 clochers et en périodes de vacances à Charavines. Une troisième messe le dimanche matin pourra également être célébrée en fonction de la disponibilité d’un prêtre et de l’élan missionnaire d’une communauté locale telle que « les dimanches autrement » à Coublevie, les messes des familles…

Des relations de proximité

Ces pôles eucharistiques, aussi dynamiques soient-ils, ne concentrent pas à eux-seuls la totalité de la vie paroissiale. Dans les églises où ne sera plus célébrée l’eucharistie dominicale, des pôles de proximité sont appelés à voir le jour pour nourrir notre vie de foi et continuer à habiter l’église du village. Beaucoup d’évènements pourront s’y vivre à la mesure des appels de l’Esprit (prière, accueil, rencontres…). A chacun de nous d’être créatifs pour nourrir cette vie de proximité qui convergera le dimanche vers le pôle eucharistique. Les fraternités locales sont appelées à jouer un rôle essentiel à ce niveau pour que la vie de charité s’enracine dans la Parole de Dieu méditée en petit groupe.

L’expérience des mages

Pour conclure, je voudrais faire nôtre l’expérience des mages venus jusqu’à Bethléem pour adorer le Roi des Juifs. Quel déplacement intérieur leur a-t-il fallu ! Cela ne leur a été rendu possible que par l’action mystérieuse que Jésus exerçait en eux. Ils sont venus de loin, attirés par « la bonne odeur du Christ » (2 Co 2,15) et nul doute qu’en chemin une véritable fraternité s’est construite entre eux. Notre communauté paroissiale, pour ne faire qu’une, est appelée, elle-aussi à converger vers Jésus pour se laisser rassembler par Lui.

Puisse notre Eglise paroissiale rayonner de la lumière du Christ et susciter vers Lui le même élan !

Père Jean Callies
avec l’équipe paroissiale composée de Père Roch-Marie Cognet, Père Jean-Noël Miambanzila, Jean-Pierre Rottier et Laurent Boillot diacres, Anne-Marie Bonaimé, Elsa Debieuvre, Nicolas Friedrich, Odile Gonon, Estelle Pagliero.